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Petite enfance

On parle de plus en plus de petite enfance en langage économique. En investissant dans la petite enfance, l’Etat, le gouvernement, aurait un « retour sur investissement » intéressant financièrement. Mais l’économie ne peut pas être le seul argument valable pour une politique de la petite enfance.

Cette approche économique a amené certains pays à modifier la manière dont ils finançaient la petite enfance : plutôt que de financer l’offre (financer des structures d’accueil de qualité), on s’est mis à financer la demande (ce ne sont plus les structures mais les parents qui reçoivent l’avantage financier – comme des « chèques crèches » ou des réductions d’impôts), ce qui a permis à des investisseurs financiers d’entrer sur le « marché ».

Les études démontrent que pour pouvoir résister aux pressions du marché, il faut que celui-ci ne constitue qu’une partie limitée de l’offre de manière à ce qu’il ne puisse pas « imposer des règles », que la puissance publique reste à la manœuvre et puisse être exigeante sur la qualité de l’accueil.

Et cette qualité va bien au-delà de conditions opérationnelles comme l’infrastructure, l’éclairage, l’hygiène, etc. qui constituent des normes de base depuis de nombreuses années auxquelles veille l’ONE. Elle est fonction du projet éducatif porté pleinement par des professionnels formés, accompagnés, qui ont du temps pour se réunir et réfléchir à leurs pratiques. Inutile de préciser qu’elle n’est possible qu’avec un nombre limité d’enfants par puéricultrice et puériculteur, qui peuvent alors prendre du temps pour chaque enfant.

Pour en savoir plus : https://www.editions-eres.com/ouvrage/5192/etre-parent-dans-notre-monde-neoliberal-1001bb-ndeg189

Dans l’accueil de la petite enfance, on distingue :

  • l’accueil collectif  (un plus grand nombre d’enfants accueillis répartis en sections = les crèches)
  • et l’accueil à domicile (une accueillante qui s’occupe de maximum 4 enfants, la plupart du temps chez elle).

Ces deux types de « milieux d’accueil » peuvent être :

  • Soit subventionnés par l’ONE : ils doivent alors appliquer un tarif en fonction de vos revenus. Seuls ces lieux subventionnés par l’ONE sont appelés « crèches subventionnées » ou « accueil salarié à domicile », mais ils ne sont jamais subventionnés à 100%. 25 à 30% de leur budget doit être trouvé ailleurs que leurs subsides ONE (autres aides). Les subsides ONE couvrent une partie des frais de personnel, mais pas les charges (loyer, lait en poudre, alimentation,…). Cela peut être des crèches liées à des pouvoirs publics (communes, CPAS, intercommunales) ou en associations et coopératives et des services d’accueil d’enfants à domicile (qui ont des accueillantes salariées à domicile).
  • Soit ne pas être subventionnés par l’ONE : ils fixent alors leurs propres tarifs, généralement en fonction d’un forfait par mois. Certains milieux d’accueil sont partiellement subventionnés par l’ONE (ex : ils reçoivent un poste de direction subventionné) ou par d’autres pouvoirs publics (des aides à l’emploi, des déductions fiscales, des aides des communes…) mais on les appelle communément « non subventionnés ». On y retrouve des crèches en asbl ou publiques (communes, CPAS, intercommunales), des crèches en société, des crèches en personne physique, des accueillantes indépendantes/autonomes…

La distinction crèche privée/publique n’a donc pas réellement de sens dans la réalité puisque le secteur privé contient des asbl (qui peuvent être subventionnées ou non) et que des crèches liées à du secteur public peuvent être non subventionnées.

La marchandisation est la tendance à tirer un profit mercantile d’une activité non marchande. Un profit mercantile étant un profit animé par le seul appât du gain. Quand il est question de marchandisation, il est question d’investisseurs, de marché, de produits, de profits, de retombées financières ou encore de retour sur investissement,… La marchandisation entre donc à un moment inévitablement en contradiction avec une préoccupation mettant l’enfant au centre. Dans notre secteur, pour le moment, les lois et le cadre de contrôle de l’ONE permettent de résister à cette marchandisation.

A lire : https://www.fileasbl.be/membres/creches-dentreprise-et-non-marchandisation-file-asb/

Quelques semaines après la parution de l’enquête Investigation dressant un paysage peu réjouissant de l’accueil des enfants de 0 à 3 ans en Fédération Wallonie Bruxelles, Arnaud Ruyssen, journaliste à la RTBF, revient sur une thématique centrale de l’accueil des tous petits dans son émission podcast « Les Clés ».

Geoffroy Carly, directeur des CEMEA et membre de la FILE, était son invité pour discuter du rôle sociétal que jouent ces espaces d’accueil en Belgique. L’émission est à retrouver ici en intégralité.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, seuls 3 enfants sur 10 sont assurés d’avoir une place dans un milieu d’accueil. Bien plus qu’une pénurie, c’est un manque structurel de places ! Qu’il s’agisse de places dans les crèches ou de places à domicile chez un·e accueillant·e. Pour l’instant, l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE) ne dispose pas d’un outil de récolte des besoins des familles pour savoir où et quels types de places ouvrir en priorité. La création de nouvelles places d’accueil est donc actuellement déconnectée des besoins des enfants et des familles.

Pour répondre au manque de places, des idées fusent tant dans les conversations entre am·i·e·s que dans les discours politiques ambiants. Il faudrait par exemple prioriser les places pour les parents qui travaillent ou s’appuyer sur les entreprises lucratives pour créer des places d’accueil. Dans cette étude d’éducation permanente, nous démontrons que ces pistes sont en réalité de « fausses bonnes idées ». Elles détournent l’attention des droits et besoins des enfants, en instaurant un système d’accueil avant tout centré sur le travail des parents. Or, tout enfant a le droit à une place en crèche ou dans un accueil à domicile, quel·le·s que soient sa couleur de peau, sa santé physique ou mentale, le niveau de vie ou la situation socio-professionnelle de son entourage.

Lien vers l’étude : Etude2025-accueil-petite-enfance-en-FWB.pdf

Accueil Temps Libre

Certains le connaissent sous le nom de « garderie » mais les plus convaincus et engagés d’entre nous souhaitent bannir à tout jamais ce terme au regard des missions réalisées par ces professionnel·les.

L’Accueil Extrascolaire ne garde pas et ne surveille pas les enfants de parents qui travaillent mais offre un temps d’accueil et d’éducation de qualité, accessible à tous les enfants les matins, midis, soirs, durant les congés scolaires…

Pour Valoriser ce temps méconnu dans la sphère politique et publique, des organisations se sont regroupées sous une Plateforme de valorisation de cet accueil « ExtrasCOOL ».

Pour découvrir ce secteur qui s’occupe de vos enfants les matins, midis et après l’école, c’est par ici : www.extrascool.be

Qui s’occupe des enfants les matins, midis et après l’école ? Que font les enfants durant ces moments suspendus, entre l’école et la maison ? Quelle est la formation de ces professionnel.les, quel est le projet éducatif qu’ils mettent en place ?

Des mini-capsules vidéos vous font découvrir ces moments précieux : https://www.extrascool.be/capsules-video-vis-ma-vie-daccueillant-e/